Interview Maker

Le « Maker Faire » de Saint-Malo aura lieu maintenant dans dix jours. En attendant l’ouverture des portes, Philippe Bénard, « Maker dans l’âme » et collaborateur chez Synergiz, a accepté de répondre à nos questions afin de nous éclairer sur cet événement.

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Bonjour Philippe. Tu participes bientôt à la « Maker Faire » de Saint Malo. Peux-tu nous expliquer brièvement en quoi consiste cet événement ?

Le rassemblement « Maker » de Saint-Malo est avant tout un événement organisé par des passionnés pour des passionnés qui aspirent à montrer ce qu’ils font par eux même, avec un minimum de matériel et une grande dose de débrouille. De nombreux univers seront représentés : l’électronique, le numérique, la domotique mais aussi la déco, le jardinage ou bien encore les jeux éducatifs. Parmi les animateurs, on comptera aussi bien des professionnels que des particuliers.  Pour cette seconde édition malouine, il y aura bien entendu pas mal de locaux et de bretons de manière générale.

Qu’est qui selon toi caractérise un « Maker » ?

Un « Maker » est par définition quelqu’un de passionné par un sujet, qui va « aller à fond dedans ». Il va consacrer énormément de temps à la réalisation de son projet et en retirer pas mal de satisfaction. Contrairement à certains inventeurs solitaires, le « Maker » est le « Géo trouvetou » des temps modernes : il aime, il partage. Il peut tout aussi bien faire valoir ses réussites que ses échecs. Il adore échanger avec ses compères et n’hésite pas à explorer d’autres univers pour découvrir de nouvelles sources d’inspiration. Il n’y a pas de notion d’âge chez les « Makers », pourvu qu’il y ait l’envie de créer et de partager. Il y a pas mal d’hommes mais les femmes sont également présentes.

Comment devient-on Maker ?

A la base, pour devenir Maker, il suffit simplement d’avoir une passion et de l’assumer. Dans les faits, cela peut-être « Monsieur (ou Madame) Tout Le Monde ». Il peut s’agir d’une personne qui aime le jardinage et qui fabrique ses propres outils par exemple. Le mouvement Maker est un phénomène qui amène du partage, de la cohésion, la nécessité d’avoir des avis et des conseils pour avancer et progresser. Il n’existe pas à proprement parlé de kit « Maker » pour démarrer, mais dans l’esprit, on essaie de faire un maximum les choses par soi-même, on imagine, on invente avec ce que l’on a sous la main.

Qu’as-tu réussi à construire au juste jusqu’à présent ?

Je fabrique pas mal de choses à base de NET Gadgeteer. Il s’agit de petits kits électroniques préassemblés, composés d’une carte-mère et de modules de commande.  A partir de cela notamment, j’ai  réalisé un « proto » permettant de diriger une webcam à distance à l’aide d’un joystick, le tout doté d’une fonction « Pan Tilt » autorisant la rotation et l’inclinaison de la caméra. Un autre pan de mon activité Maker est dédié à la réalisation d’ateliers pédagogiques permettant d’apprendre à utiliser Gadgeteer. D’un point de vue professionnel, mon approche Maker me permet d’imaginer certaines solutions pour interfacer un capteur avec un pc. C’est notamment ce qui a été mise en œuvre chez Synergiz pour la réalisation du distributeur de boisson Red Bull ou bien encore la vitrine interactive pour le groupe Beaumanoir.

Combien de temps cela t’a-t-il pris ? Combien de temps par jour, par semaine, par mois consacres-tu à cette activité ?

Le temps consacré à mon activité Maker est variable. Cela peut être une semaine complète notamment pour la réalisation de cours, comme ceux déjà réalisés pour le lycée technique ou l’Université de Saint-Malo. Pour mon projet de  « moteurs pas à pas », je vais probablement y consacrer plusieurs journées voire certains week-ends complets. Cela dépendra de la complexité et certainement de ma bonne inspiration du moment.

Que vas-tu nous présenter durant le week-end Maker Faire de Saint-Malo ?

Je vais probablement animer un atelier pédagogique autour des modules NET Gadgeteer. Mon idée est de permettre aux participants de réaliser rapidement un appareil photo numérique avec des commandes bouton, un afficheur LCD couleur, une webcam et une carte-mère. Nous utiliserons Visual Studio pour programmer les modules, leur dire les actions à faire, comme aller cherche une image et l’afficher sur l’écran LCD. On peut aussi imaginer ajouter un module de carte SD pour enregistrer l’image. Si je dispose de suffisamment de temps, j’aimerais bien présenter également une réalisation à base de servomoteurs, permettant de développer les usages multidirectionnels de la caméra.

As-tu des sites, des blogs, des lectures à recommander à nos lecteurs qui souhaiteraient à leur tour devenir Maker ?

J’utilise beaucoup les informations disponibles sur les sites web de certains fabricants.  C’est pour moi une mine de renseignements techniques. Je navigue aussi pas mal sur Internet, sur des blogs où les gens partagent leurs réalisations.

Un site pour s’inspirer en français :

http://sysml-gadgeteer.pagesperso-orange.fr/Modules_GADGETEER.htm

Pour ceux qui maîtrisent la langue de Shakespeare, il y a aussi :

http://mikedodaro.net/2012/09/17/gadgeteer-home-automation-system/

Pour trouver les drivers et mises à jour Gadgeteer :

https://gadgeteer.codeplex.com/

Pour télécharger une version gratuite de Visual Studio :

https://www.visualstudio.com/fr-fr/products/free-developer-offers-vs.aspx

Pour rejoindre le groupe NET Gadgeteer France :

https://www.facebook.com/groups/467501433315274/

Pour toute information complémentaire ou commande de modules NET Gadgeteer, notre équipe s’en charge : contact@synergiz.com

Philippe, merci pour le temps consacré à répondre à cette interview. Rendez-vous les 11 & 12 avril sur le stand Synergiz Quay Duguay-Trouin à Saint-Malo.

www.makerfairesaintmalo.com